Jean Rouaud: écrire sa tristesse
Pendant sept ans, il vendait les journaux dans un kiosque d’une banlieue de Paris. Puis, il a écrit un roman sur son grand-père Les Champs d’honneur (1990) et il a obtenu le plus important prix littéraire français – le prix Goncourt. Il est né en 1952 dans la petite ville de Campbon dans l’Ouest de la France, a étudié les lettres modernes à l’université de Nantes ; il a publié plus de vingt livres, presque tous ont été traduits et sont publiés dans le monde entier, entre autres au Japon, en Grèce, en Turquie. Son formidable début a paru aussi en Slovaquie (Polia cti, 1994). Dans ses romans, il parle de sa mère, son père, ses proches. «J’écris des romans depuis longtemps, mais jamais, je n’ai inventé l’histoire toute entière, peut-être n’ai-je pas d’imagination», se confie Rouaud. «Je sais néanmoins qu’il faut passer par une couche de fiction, on doit créer une sorte de scène qui relierait l’histoire. Sur des arbres biographiques, je greffe des écarts de la réalité». Tous les livres de Jean Rouaud sont un hommage aux gens ordinaires et tournent autour de la mort, systématiquement et constamment.